Histoire de la Sophrologie
Dans les années 60, le Dr Alfonso Caycedo, Professeur à la Faculté de Médecine de Barcelone, met au point sa méthode : la Sophrologie qui réunit différentes techniques d'hypnose et de relaxation issues du yoga et des savoirs occidentaux en ces domaines. Cependant, Alfonso Caycedo affirme clairement que sa méthode n'est pas de l'hypnose, il juge en effet cette dernière trop directive et trop limitée. Il bannit le terme d'hypnose du langage de la sophrologie qui se veut selon ses termes une " science de la conscience humaine et de ses modifications" et fonde la « sophrologie caycédiennes en 1992.
Le Pr. CAYCEDO consacre à la SOPHROLOGIE toute sa carrière scientifique riche aujourd'hui de plus de 40 ans d'expériences. Il considère le corps et l'esprit comme deux aspects d'une seule et même chose : l’unité existentielle originale et « autoévolutive » de chaque personne. La conscience est la force, l'énergie vitale qui intègre ces deux polarités.
Bien que les premières applications de la méthode caycédienne aient porté sur des questions médicales (apaisement de la douleur, traitement des problèmes d'origine psychosomatique, etc...), il en est venu rapidement à voir en son approche autre chose qu'un outil thérapeutique. Alfonso Caycedo considère en effet que la sophrologie constitue une voie d'accomplissement, car elle entend activer le potentiel dynamique des forces positives inhérentes à chaque individu. Le Dr Jean Godin cite l'article "Hypnose ericksonnienne et sophrologie," dans lequel B. Etchelecou: montre comment Caycedo entend se démarquer radicalement de l'hypnose: « loin de favoriser la dissociation, le sophrologue tend à faire éprouver à son patient la cohésion de soi dans un vécu unitaire corps/conscience le plus harmonieux possible, généré par un abaissement du niveau de vigilance ». Toutefois, les points communs entre l'hypnose la plus traditionnelle et la sophrologie ne manquent pas. Si la sophrologie tend à développer les potentiels de l'individu, elle le fait par l'intermédiaire d'un guide: le sophrologue. On a pu évoquer l'auto-hypnose, l'auto-relaxation, seule la méthode de Caycedo ne sait se passer du sophrologue!
Comme pour toutes les pratiques que nous évoquons ici, l'importance de l'accompagnateur est déterminante et la qualité relationnelle qu'il sait installer avec ses patients ou ses élèves influence leur progression. Qu'il s'agisse d'hypnose ou d'une autre méthode, rien n'est possible en termes de thérapie ou de mieux-être en dehors d'un fort climat relationnel que d'autres approches nomment " transfert".
La sophrologie caycedienne est explicitement porteuse de considérations philosophiques et sociales , l'auteur ne se prive pas d'affirmer sa foi en l'aptitude de l'homme à développer ses talents dans un cadre social communautaire. De tous temps, ont existé des projets utopiques véhiculés par une certaine conception de la place de l'homme dans l'univers. Grâce à ceux-ci, de grands courants de pensée sont apparus et ont contribué à l'enrichissement des savoirs humains.
Face à toute méthode, il est utile de s'interroger sur la représentation de l'être humain utilisée pour le fonctionnement de celle-ci. En effet, selon l'importance accordée au corps, à l'âme, à l'esprit ou à tout autre chose, suit toute une logique du développement personnel. Pour que l'accomplissement de soi puisse se faire, il est impératif de trouver une méthode en accord avec ses croyances et ses références idéologiques.