Histoire
de la Psychanalyse et des approches qui en dérivent
Notre compréhension du développement de l'homme a été
profondément influencé par la pensée de Sigmund
Freud, fondateur de la Psychanalyse à la charnière
des XIXe et XXe siècle. On a même parlé d'une révolution
car, avant lui, personne n'avait tenu un tel langage à propos
du psychisme et du développement humain, des pulsions et de la
dimension sexuelle. La lecture des comportements en termes de lutte
n'avait pas été explorée de façon aussi
minutieuse et systématique. Enfin, Sigmund Freud créait
à partir de sa perception des faits psychiques un ensemble cohérent
qu'il nommait "Psychanalyse", et destinait à la thérapie.
L'auteur de l'interprétation des rêves ne devait toutefois
pas se limiter à l'exploration des mystères psychologiques
de ses contemporains, il appliqua son outil à différents
domaines ; notamment l'anthropologie, l'histoire, la sociologie. La
démarche de Freud originale, et courageuse se fondait sur des
hypothèses concernant l'organisation psychique: la structure
de l'inconscient et ses rapports avec le conscient venaient expliquer
le développement de l'être humain, et ses comportements
d'adulte. Les continuateurs de Freud furent nombreux, Carl Gustav Jung,
Wilhelm Reich, et surtout Lacan qui fit école en France. Insensiblement
les hypothèses du fondateur devinrent des croyances, sinon des
faits. L'élégance de l'outil psychanalytique, les applications
que Freud en avait faites à d'autres domaines que la thérapie,
expliquent en partie l'immense succès qu'il a connu et l'étendue
de l'utilisation qui a suivi. La théorie a été
ensuite exploitée dans de nombreuses voies de recherche, et notamment
en philosophie.
Dans les années 70 en France, il n'était pas rare de trouver
la Psychanalyse au programme de philosophie des lycéens. Bien
qu'aujourd'hui de nombreuses critiques de son oeuvre aient vu le jour,
la plupart des approches psychologiques s'en réclament. Les démarches
de Développement personnel qui suivent se fondent sur l'hypothèse
psychanalytique, bien qu'elles se soient souvent fort éloignées
de la pratique de Freud.
Voici les quatre points qu’il faut accepter comme principes pour
s’engager dans un parcours d’obédience psychanalytique.
- Admettre l’existence de l’inconscient
Les rêves, les "lapsus", les oublis sélectifs,
représentent, entre autres, les manifestations de l'inconscient
les plus faciles à observer. Certains travaux scientifiques cherchent
à mettre en évidence l'existence d'un fonctionnement psychique
inconscient. En particulier, les travaux de neurophysiologie tendent
à montrer le fonctionnement de différents circuits parallèles
de traitement de l'information, dont seule une partie des processus
est accessible à la conscience.
L'inconscient tel que Freud le concevait contenait les instincts (le
ça), les désirs et les pensées refoulées
par le "moi". Cette notion de refoulement a fait émerger
son contraire : "le défoulement", et de là il
n'y avait qu'un pas pour conclure qu'il était salutaire de se
"défouler", autrement dit de permettre de temps à
temps à l'inconscient de mener la danse afin de calmer le jeu.
Les choses sont évidement moins simples, toutefois, il faut bien
reconnaître que les plus grands penseurs et philosophes ont souvent
vu leurs idées réduites à des notions appauvries
ou encore exploitées en relations de cause à effet qu'ils
n'avaient certes pas imaginées. La stratégie de Freud
consistait à mettre son patient en contact avec son inconscient
par l'intermédiaire de l'interprétation donnée
à ses symptômes, ses rêves, ses associations d’idées.
De cette prise de conscience pouvait alors émerger une meilleure
gestion des rapports entre conscient et inconscient.
L'existence de l'inconscient en tant que processus de pensée
et de traitement des informations ne semble plus aujourd'hui à
démontrer, en revanche, que celui-ci soit un réservoir
de refoulements, de pulsions, et autres dangers demeure une hypothèse
de travail. Si on admet cette hypothèse, alors on croit que l'inconscient
recèle en ses profondeurs une vérité qu’il
faut apprendre à connaître et à gérer pour
venir à bout de ses difficultés : c’est ce que j’ai
présenté comme la croyance de révélation.
- Les rapports entre l'inconscient et le conscient
Face aux dangers que représentent le "ça, le "moi"
organise sa défense. Certains comportements sont interprétés
comme des barrages à cette masse indisciplinée. Le refoulement
en est un exemple, de même le déplacement qui consiste
à attribuer à une autre personne des pulsions pour soi-même
inacceptables. La rationalisation de ses comportements, la négation
pure et simple d'un fait, ou d'une pensée qui évoque une
pulsion qu'on rejette, etc... La liste est longue. Une lutte permanente
s'installe qui finit par épuiser le sujet. Il est donc nécessaire
dans la perspective d'un mieux-être, d'apprendre à la personne
à lire ses comportements selon la grille proposée par
la démarche. L'objectif de cet apprentissage étant de
conduire à des prises de conscience.
Ainsi, dans bon nombre de démarches cherche-t-on à traquer
les défenses de la personne afin qu'elle se libère en
reconnaissant en elle l'existence de pulsions, de désirs ou de
pensées refoulées. Une troisième instance psychologique
vient à la rescousse : le surmoi. Partiellement conscient, il
contient les interdits transmis par la culture et la morale, et la représentation
de soi idéale que la personne s'est construite à partir
de là et qu'elle doit chercher à atteindre.
La Méthode d’Emile Coué caricature cela en postulant
l’existence d’un combat incessant entre conscient et inconscient.
- Le traumatisme initial
Tout commence dès la petite enfance, Freud a élaboré
une description du développement de l'enfant avec l'émergence
du "ça", du "moi" et du "surmoi".
Celle-ci a ensuite donné lieu à de nombreuses exploitations
et à la construction de schémas directifs pour élever
des enfants. La relation à la mère est au centre, et c'est
souvent elle qui est rendue responsable des troubles psychologiques
des enfants. Le développement de l'enfant connaît plusieurs
phases, qui correspondent globalement à la mise en place de la
structure psychique. Le modèle freudien sert toujours de référence
à de nombreux travaux sur la psychologie des enfants, les ouvrages
de Françoise Dolto en sont un exemple bien connu.
Pour les démarches analytiques, les difficultés que rencontrent
les adultes proviennent d'un traumatisme survenu au cours de l'enfance,
voire de la petite enfance. Cet événement peut être
réel dans les faits ou dans la fantasmatique de la personne.
Ce traumatisme a été oublié ou refoulé,
ce qui revient au même, mais il manifeste son existence de façon
insidieuse. Les comportements qui gênent la personne ou son entourage,
les pensées, les rêves qui la tourmentent sont alors compris
comme autant d'indices démontrant l'existence d'une sorte de
noyau, le traumatisme. Le travail d'analyse vient mettre la personne
en contact avec ce traumatisme initial, par la lecture de ses troubles.
A partir de cette prise de conscience, et de sa position qui en résulte,
elle va pouvoir mieux comprendre ce qui s'est passé, et donc
surmonter ses problèmes.
L'existence d'un événement depuis longtemps enfoui dans
le passé, est devenue une donnée presque toujours présente
dans les démarches dérivées de la psychanalyse.
Pour certaines, c'est la naissance elle-même qui traumatise, et
donc, il s'agit de faire revivre par l'imaginaire ce passage d'un monde
à un autre pour réaliser une re-naissance à partir
de laquelle, une nouvelle voie peut se dessiner.
-
La possibilité d'expliquer ou de guérir le présent
par le passé.
La notion de traumatisme initial contamine, toute la lecture du passé
et fournit aux problèmes du présent une cause cachée,
refoulée dans l’inconscient et généralement
extérieure à l’individu. Si l'on admet aisément
que nous sommes modelés par nos expériences passées,
il reste qu'à chaque moment du présent nous effectuons
des choix non déterminés par le passé, mais orientés
vers le futur : c’est le cas des conduites de prévoyance,
ou de prévention. La construction de liens de causalité
entre le présent et le passé est donc partiellement un
choix d'école. Si nous donnons l'exclusivité à
la relation causale passé/présent, cela implique un faible
degré de responsabilité dans le choix de notre destin.
Nos problèmes, nos frustrations, notre manque de courage s'expliquent
alors facilement par des événements passés qui,
quoique nous voulions, s'organisent pour nous contraindre dans nos choix.
Toutefois, nous pouvons prendre la décision de tenter de réparer
notre présent. Bien entendu, ce n'est qu'en s'attaquant directement
aux causes passées qu'on peut résoudre les problèmes.
Nous verrons par la suite, que d'autres démarches de Développement
personnel utilisent très différemment ces liens de causalité
dans le temps.
la Bioénergie
La Psycho-Organique
et la Biodynamique
la Gestalt Therapy
la Somatoanalyse
le Rebirth et le
cri primal
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