Le Coaching étape par étape : un contrat de réussite

Notre approche du coaching s’inscrit dans une logique de développement personnel : les buts fixés ne peuvent être atteints que si la personne parvient à franchir les étapes y conduisant et cela dans le respect de son identité et de son environnement .
La personne jouant le rôle de coach devra demeurer consciente des limites de son action : sa présence a essentiellement pour but de placer l’autre en situation de connaître et d’utiliser ses ressources.
S’il y a une performance à accomplir, c’est la personne qui agit, non le coach. Présenté autrement, nous allons travailler à rendre notre client autonome et responsable.
Autonomie et responsabilité déterminent notre ligne de conduite, et, dans cette perspective nous mettons en œuvre une démarche fondée sur le contrat et l’engagement. Le coach s’engage à apporter toute l’aide nécessaire, à mettre en œuvre les techniques appropriées afin d’accompagner son client vers les buts qu’il souhaite atteindre. Le client s’engage à participer et à s’impliquer dans la démarche.
Le contrat définit les modalités du coaching en termes de durée de fréquence et de coût.
Le contrat définit les objectifs à atteindre à chaque étape.


1- Le point de départ : apprendre à évaluer sa situation.
Cette première étape doit nécessairement comprendre les " règles du jeu ", c’est-à-dire les modalités de fonctionnement du coaching qui restent à définir. Il est souhaitable d’être en contact avec la personne une fois par semaine, éventuellement par téléphone, et de faire un bilan intermédiaire tous les mois pour une durée totale allant de 6 à 12 mois.
Ensuite, il s’agit d’apprendre à la personne à évaluer sa situation. Pour cela, on commence par prendre conscience des moyens d’évaluation qu’elle met en œuvre, sont-ils appropriés à sa situation, permettent-ils de percevoir la situation dans sa complexité ?
On peut utiliser un questionnaire d’évaluation " tout fait " du type " 360° ", mais il nous semble plus adapté de construire un questionnaire avec le client, qui peut être complété par un ou plusieurs tests de climat psychologique à refaire à mi-parcours puis en fin pour mesurer les différences.
Chaque type de situation requiert des moyens appropriés, on ne peut donc pas tout comparer. Les difficultés peuvent très bien n’affecter que certains des rôles de la personne.
Dans cette pratique on peut demander à la personne d’écrire une description de son état présent et de faire une liste des priorités. Puis, à partir de la liste des priorités de définir les ressources qu’ elle juge utiles de posséder pour atteindre ces priorités.
On étudie ensuite une " cotation " de ces ressources, ceci aboutit à donner un tableau de ce qu’on doit travailler à améliorer.


2- Se libérer des habitudes qui font obstacle au développement
Un développement personnel harmonieux requiert qu’on parvienne à l’autonomie des choix existentiels, or, certaines conduites addictives défavorisent la personne et il convient de s’en libérer avant tout.
Dans la pratique, cette libération s’accompagne d’un renforcement de la confiance en soi et permet une meilleure utilisation de ressources souvent formulées en termes de " volonté ", " persévérance ", etc…
Tous les résultats bénéfiques issus de la libération pourront servir les autres buts du coaching.
Le coach doit s’appliquer à montrer que l’abandon d’une conduite de dépendance est un début et non une fin.
En pratique, on peut montrer à la personne où elle se trouve ici et maintenant sur la voie de sa libération et lui faire comprendre que ce ne sont pas les mêmes ressources qui vont la conduire à la décision et au maintien de celle-ci.
Les habitudes faisant obstacle au développement personnel ne sont pas uniquement les conduites de dépendances vis à vis des drogues, on doit aussi s’intéresser de près aux idées reçues, aux représentations de soi péjoratives et à toute croyance venant limiter l’épanouissement.
3-Apprendre à se re-connaître
Libérée des habitudes nuisant à la liberté de ses choix, la personne va maintenant apprendre à se connaître autrement. Les mauvaises habitudes s’accompagnent souvent d’un sentiment de dévalorisation, d’un climat de " déprime " ; une fois disparues, une re-découverte va avoir lieu.
Avant même d’aller vers de nouveaux buts, la personne doit passer par une étape de reconstruction et d’appropriation d’une identité plus conforme à sa quête existentielle.
Il est intéressant à ce stade de faire le point sur la perception de soi. (technique du miroir imaginaire). On pourra à cette occasion utiliser une technique d’auto-évaluation pour mettre en exergue la progression dans le temps.
Cette étape permet de travailler sur les motivations en faisant apparaître les stratégies utilisées. Elles pourront éventuellement être développées, notamment en utilisant des exercices de visualisation.
Ce qui est en jeu ici, c’est la perception du temps. Tant que la personne est prisonnière de conduites de dépendances, elle se perçoit surtout dans un présent insatisfaisant. Lorsque la libération se produit, la personne se perçoit aussi dans le futur. Son champ de représentation du temps s’est agrandi.


4-Les nouvelles ressources
Le travail sur la motivation entrepris à l’étape précédente va permettre d’identifier les nouvelles ressources pouvant améliorer les stratégies de motivation de la personne.
Lorsque la nouvelle " identité " est bien intégrée, on pourra faire une évaluation des nouvelles ressources ou bien encore des progrès réalisés sur celles qu’on avait désignées en priorité à la première étape.
A la première étape, nous évoquions les objectifs compatibles avec les ressources alors disponibles, cette fois nous allons nous intéresser aux nouvelles ressources pour définir un vaste champ d’objectifs désormais accessibles.


5-Soi et l’interaction
A ce moment, il est intéressant d’amener la personne à intégrer les cadres relationnels de son développement. Comment les autres perçoivent-ils ses changements ? En quoi son comportement est-il modifié vis à vis des autres, et en quoi la qualité de la relation est-elle modifiée ?
Dans de nombreux cas, le changement, même bénéfique, n’est pas perçu comme un élément positif par l’environnement relationnel car les habitudes sont bouleversées engendrant un certain degré de gêne.
Dans d’autres cas, l’environnement relationnel peut être une ressource importante sur laquelle il convient de s’appuyer.
A cette étape, il est intéressant que la personne prenne conscience de sa perception des autres, dans leur individualité (les gens qui peuplent sa vie affective et professionnelle), et dans leur collectivité (le public auquel on s’adresse). L’enjeu est d’arriver à se situer dans les contextes sociaux, y trouver sa place et le cadre de ses décisions.


6-Les missions nécessitant un accompagnement spécifique
Les étapes précédentes ont permis de construire des bases solides pour la personne, elle est désormais libre de ses choix existentiels. On peut donc commencer à " coacher " des missions particulières appartenant à tout contexte et nécessitant la mise en œuvre de compétences variées. Citons en référence : le domaine sportif, managerial, politique, ainsi que l’exercice professionnel quel que soit son niveau.Accompagnement individuel, suivi d'une équipe, projet de vie privée ou professionnel, s'appuient ainsi sur des bases solides d'accomplissement de soi.

Catherine Cudicio