L’autodidacte et le coach

 


Selon les estimations, ils représentent 2% de la polulation. Ils ? Les autodidactes.
Comment l’autodidacte assure t-il son propre développement personnel ? Quels en sont les limites ? “Aristocrates” de l’excellence, les autodidactes forment-ils un monde à part ?
L’université est-elle, pour les autodidactes, le sésame magique pour l’ascenceur social ? Entre autonomie et conformisme, choisit-on sa voie ?
Nous vous proposons quelques réponses sous forme de voyage dans un univers libre et créatif.
Abraham Maslow décrivait les “auto-actualisants” comme plus libres, plus spontanés et plus créatifs.Il les placait au sommet de sa célèbre « Pyramide des besoins ». Un niveau où, selon Maslow, l’homme éprouve le besoin d’accomplissement de soi en se nourrissant d’un élan intérieur créateur. L’autodidacte a-t-il dépassé pour la base de sa pyramide et des besoins physiologiques (faim, le repos, abri contre les éléments) ?
Paradoxalement, l’autodidacte pourra trouver dans sa situation précaire une motivation supplémentaire dans la réalisation de sa “légende personnelle”. Il se relèvera plus facilement suite à une erreur de parcours. En utilisant ses “erreurs pour grandir” il sera “l’auto-apprenant” décrit par Lockert qui lui assure une “entrée dans la cour des grands”. A sa façon, Coluche présentait l’autodidaxie comme une “instabilité nécessaire pour progresser”. Nous mettant aussi en garde : “si on reste sur place, on recule”.
Un portrait psychologique, conçu selon les critères de la PNL, décrirait l’autodidacte comme ayant une perception du monde de type “Activité” et “Information”. Indiquant par là que l’autodidacte sera spontanément sur un registre “Que faire ?” et “Que puis-je apprendre ?”.
Branché “Information”, l’autodidacte a, de fait, une grande soif de connaissance et « s’instruit par lui-même » (Petit Robert). Sur le plan symbolique, l’autodidacte cherche t-il dans le savoir , une forme de pouvoir ? A défaut d’identifier l’ambivalence Savoir / Pouvoir, telle que théorisée par Carls Rogers, on pourra reconnaître à l’autodidacte un moyen de “re-connaissance” sociale, par le savoir, la connaissance. L’autodidacte joue t-il, dans cette quête, une reconquête de l’enfant mé-reconnu qu’il a pu être ? L’image du père semble, ici, imprimée de manière inconsciente.
En poursuivant le portrait psy de l’autodidacte, on pourrait aisément le décrire dans un registre “Rechercher”, “Action” et “Référence interne”. Autrement dit, “l’auto-actualisant” possède de nombreuses ressources d’autonomie et de créativité qui pourront mettre mal à l’aise un entourage peu famillier avec ce profil. De fait, l’autodidacte se caractérise aussi par un non-conformisme qui lui créera des difficultés dans les cadres, de son point de vue, trop formalisés. Sa différence, si elle a été trop marquée, contribuera à sa sortie naturelle d’un système, faisant de lui un “normopathe” tels que les décrit Cyrulnik. Malade de la norme, l’autodidacte sait se faire “rebelle” en rejettant les “gens sérieux” et ferait volontiers sienne la pensée de Bandler : « le sérieux génère l’incompétence. Les gens qui veulent le prestige et n’en ont pas le talent ont inventé les diplômes ».
Le “côté obscur” de l’auto-didacte réside dans une forme d’instabilité de vie qu’il, ou les autres, pourront éprouver tant qu’il sera à la recherche de sa voie d’épanouissement personnel. L’expression de son potentiel pourra être bridée par une série “d’objectifs non désirés”, pouvant être perçus comme autant d’échecs. C’est alors que l’approche du coaching pourra être d’un secours précieux à “l’âme perdue”. Après l’examen minutieux des ressources de son client/élève, le coach/mentor aidera à une remise sur rail efficace. De la même façon qu’on ne peut s’auto-opérer, il est très difficile de s’auto-coacher. Dans sa démarche, le coach révélera l’excellence intérieure de son client, celle qui fait de lui un “aristocrate de la différence”, autonome, créatif et libre. En l’aidant l’autodidacte à considérer “ses erreurs comme une force” (Mailer), le coach l’encouragera à dépasser le sommet de sa pyramide personnelle.


Daniel Moreau