Interview : Claude Boiocchi
Enseigner les principes du self-coaching
Après avoir étudié pendant plus de quinze ans diverses méthodes dédiées à la construction de la personnalité (philosophie, psychologie, relaxation, méditation, arts martiaux), Claude Boiocchi, journaliste et consultant, a créé son propre système de travail physique et mental : l’Entraînement Dynamique Personnalisé (EDP). Une pédagogie originale qu’il souhaite aujourd’hui faire partager au plus grand nombre.

 

 

 


En quoi consiste l’Entraînement Dynamique Personnalisé ?
Au départ l’EDP se présente comme un cursus court durant lequel on se familiarise avec certains principes de base et qui ne nécessitent pas d’aptitudes préalables. Il s’agit pour les débutants d’apprendre à exploiter leur potentiel physique : équilibre, dynamique corps/esprit, coordination, concentration, posture, etc. avant de se lancer peut-être dans de nouvelles activités (danse, arts martiaux, chant etc.) Pour les élèves qui possèdent déjà une expérience au niveau gestuel et même artistique, il s’agira d’approfondir leurs connaissances en découvrant une pédagogie originale, censée sublimer leurs aptitudes.
A qui s’adresse cette forme de travail sur soi ?
A tous ceux qui comme moi éprouvent le besoin de se sentir bien dans leur tête et dans leur corps. Au cours des 15 dernières années, j’ai rencontré de nombreuses personnes qui exprimaient cette envie dans des termes vagues : « J’ai envie de faire telle activité, tel sport. J’éprouve le besoin de me défouler. » ou « Je souhaite reprendre une activité pour perdre les 7 kilos qui me dérangent ! » et j’ai même entendu des désirs encore plus spécifiques tels que « Je voudrais muscler mes bras, ou juste raffermir mes fesses. » ou encore « Je souhaiterais ne plus perdre mes moyens lorsque je prends la parole en public. » Autant de demandes qu’il est nécessaire d’interpréter afin de ne pas induire les élèves en erreur. Car l’ensemble formé par le corps et l’esprit ne constitue pas une machine sur laquelle on peut intervenir techniquement. Le plus souvent il est utile de restaurer le dynamisme et d’approfondir ce qui se cache derrière ce besoin de changer en adoptant un nouveau rythme de vie incluant un programme personnalisé intelligent. L’EDP s’adresse donc à un large public soucieux de progresser au quotidien et qui trouve ainsi pour la première fois la possibilité de formuler cette demande et d’obtenir des résultats durables.
Comment définiriez-vous l’originalité de votre système?
Mon enseignement est le fruit d’une recherche et d’une synthèse durant laquelle j’ai pu m’imprégner de certains principes du Karaté KyoKushinKai, du Wing Chun, du Jeet Kune Do ou encore du Tai Ki ken et du I Chuan. J’ai notamment retenu certaines formes relatives au placement, au renforcement ainsi que d’autres notions fondamentales susceptibles de rééquilibrer l’élève. Le travail postural issu du I Chuan, par exemple, permet à l’élève de réaliser l’importance de la volonté pour se guider et se coacher. Le Wing Chun met quant à lui à l’honneur le principe de circularité et celui du placement du corps relatif à la médiane. Disons que j’ai souhaité personnaliser et synthétiser certains principes en les intégrant dans une démarche pédagogique accessible et satisfaisante.
Comment se déroule un cours ?
Au départ les élèves peuvent suivre un enseignement régulier, mais après 20 ou 30 séances il est possible d’adopter un rythme plus espacé dés lors que leur programme personnel sera suffisamment étoffé pour les soutenir. Certains viendront deux fois par semaine, d’autres tous les mois, car nous avons tous des obligations au quotidien. Je préconise le plus souvent un entraînement personnel régulier et intense d’une durée de 10 à 15 minutes 3 ou 4 fois par semaine au maximum.
Pourquoi accordez une telle importance à cette idée d’entraînement « personnalisé » ?
Mon projet ne consiste pas à enseigner des mouvements mais plutôt à transmettre une façon de les appréhender en fonction du physique et du mental de l’élève qui sera alors en mesure de les effectuer seul et d’une manière profitable. Chacun, en fonction de ses capacités, suit un enseignement de base pour commencer : mouvements, flexions, pompes, étirements, posture, etc. puis on découvre vite qu’il est souhaitable d’adapter le programme au fur et à mesure des séances. L’objectif étant de fournir à chaque élève une compréhension spécifique afin qu’il devienne son propre « coach ».
Vous concurrencez donc les gymnase club et autres lieux où se pratique une activité sportive ?
Je ne concurrence aucune discipline ou lieu d’effort physique car je ne m’inscris pas dans ce schéma ! Le plus souvent, mes élèves sont ceux qui en sont exclus, ceux qui n’osent pas suivre un cours ou qui restent insatisfaits ou pire encore ceux qui ont l’impression de gâcher leur investissement (financier, personnel). En définitive, je m’adresse à ceux qui veulent avant tout apprendre à se connaître avant peut-être de rechercher des sensations dans une activité plus spécifique.
Propos recueillis par Marie-Laure Hustache, journaliste.

 

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